Mes livres. Vic et l'affaire Nucort

Extrait 1

Arrivé à l’hôtel ou une chambre lui était habituellement réservée, il   agita plusieurs fois la clochette qui devait prévenir la maîtresse des lieux, sans résultat. Un fauteuil en cuir râpé, le soufre douleur des chats au vu des nombreuses griffures qui le décorait, lui offrit le confort spartiate de ses ressorts séculaires. Puis un bruit   de talons     retentit, claquant   sur les marches en marbre de l’escalier. La patronne, une femme blonde, plantureuse au visage rougeaud,  lui tendit machinalement une clef et un formulaire à remplir. Sans le regarder. Puis, levant les yeux, elle réalisa que c’était son ‘‘petit francais’’qui venait d’arriver. Elle ‘’bondit’’ de derrière son comptoir, le pris dans ses bras  et l’embrassa comme si elle   retrouvait un membre sa famille. Malheureusement, en se hâtant, elle avait transpirée. Une  étrange odeur de sueur et d’alcool, mélangée à un parfum pas tout à fait discret mais tout à fait bon marché qui émanait de sa personne indisposa ‘’sein klein franzosich kunde’’.  Pour fêter l’événement elle sortit sa fameuse bouteille de ‘’véritable cognac allemand’’, une merveille pas chère du tout qu’elle achetait spécialement pour sa consommation personnelle. Au troisième verre elle était complètement remise de son émotion et, au grand effroi de Victor, manifesta le désir de l’accompagner jusqu’à sa chambre.

Extrait 2

  Victor  à coutume de s’arrêter au ‘’Rouget de L’Isle’’ pour déjeuner lorsque après avoir effectué quelques travaux dans sa maison de campagne   située dans le charmant village de La Truchére, il  reprend la direction de Belfort. Le cuisinier  partageait sa chambre  lorsque tous deux  étaient étudiants  de l’école hôtelière  à Strasbourg. L’établissement est situé à Lons le Saunier, face à la place qui porte  le nom du célèbre compositeur de la Marseillaise. La cuisine est excellente, les vins du jura soigneusement choisis et les prix abordables.

Ce dernier dimanche d’octobre son père l’avait accompagné, une table leur était réservée car le restaurant, souvent complet, jouit d’une grande notoriété. Dans le fond de la salle,  prés de  la grande baie vitrée, quatre personnes, par leurs éclats de rire déplacés, couvraient le brouhaha des conversations. Verbe haut, expressions  frisant l’indécence, plaisanteries douteuses, les deux couples menaient grand train.  Le maître d’hôtel les a poliment rappelés à l’ordre. Celui qui paraissait être le meneur se leva et esquissa un geste déplacé, mais sa tentative pour prendre la parole fit place à un geste de surprise. Il s’approcha rapidement de la table ou le père et le fils dégustaient un verre de vin en attendant leur commande.  C’est au père qu’il s’est adressé.:  

-          Gaby, si je m’attendais à te trouver ici !

 Puis se tournant vers  Vic.

-     Ce jeune ne peut être que ton fils, vu la ressemblance. Qu’est-ce que tu fais-la ?

-          Comme tous les clients,  répondit l’interpellé,  j’essaie de déjeuner dans un endroit calme.

-          Mais c’est qu’il n’a pas perdu son sens de la répartie !…tu permets ?

Saisissant  une chaise libre à la table voisine, Michel Misseau, dit Mimisse, s’attabla avec les deux convives.  Une  employée  passait à proximité, le grossier personnage l’interpella :

«  Remets  une bouteille, c’est du chardonnay savagnin. Celle de mes amis  est  aux trois quarts vide. Tu la porteras sur mon compte. Et par la meme occasion amène un verre pour que je  trinque  avec une vieille connaissance. »

Le fringuant Misseau  avait bien changé. Toujours de petite taille mais le corps sérieusement empâté, son visage boursouflé révélait une  affection immodérée pour toutes boissons   titrant plus de treize degrés. Les cheveux noirs, plaqués sur son crane obtus n’avaient  pas cédé de place  aux  fils argentés qui sont l’ apanage des quadragénaires.  

 «    Certainement   un adepte des teintures », se dit le jeune homme.

La petite moustache fine qui ornait maintenant le dessus de ses lèvres minces  apportait une touche cruelle à un faciès vulgaire.

Son élégance voyante indisposa immédiatement Victor, autant que l’imposante montre, une ‘’Breitling’’, l’énorme gourmette en or et la chevalière massive qui ornait son annulaire droit.

 Il  nageait   dans l’opulence, mais sans aucune classe. Tout comme dans sa jeunesse. Après quelques instants de bavardage insipide, la compagne de Mimisse qui donnait des signes d’impatience vint le rechercher. Sa   chevelure, abondante, n’avait pas la teinte naturelle qu’affiche les véritables blondes. Le visage exagérément maquillé, elle portait un chemisier rouge, largement échancré, sur une jupe en cuir ultra courte. Le claquement de ses chaussures à talons hauts  résonnèrent sur le carrelage,  troublant à nouveau le silence qui s’était enfin installé dans  de la salle à manger. Malgré de louables efforts pour se rajeunir, elle ne pouvait dissimuler son appartenance à la catégorie des plus de cinquante années de vie dissolue. Le ‘’beau’’ Michel n’a pas fait les présentations, elle n’a prêté aucune attention à ses ‘’amis’’. D’une voix rauque, abîmée par les excès d’alcool et détruite par ceux du tabac elle demanda à son compagnon de régler l’adition. Les autres s’impatientaient, ils  désiraient  être à Lyon avant la nuit.

Le petit port de La Truchére

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Commentaires

28.04 | 14:44

Salut Claude.avec l âge tu deviens économe on fait de même y en a marre d être pressé comme des citrons.

Amitiés Rabbi Jacob Michel Demange

...
13.09 | 01:10

Salut Claude, bonjour de mon île. Toujours dans le coup, mes félicitations très réussie ta page. Bon anniversaire aussi. Amitiés .

...
22.02 | 18:33

la suite

...
22.02 | 18:30

pas mal

...
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