Mes livres. Tu as voulu revoir Vesoul

   

 

Jean-Gilles Delaroche sort de prison. Après trois années, son innocence est enfin reconnue. Il a tout perdu et doit reconstruire sa vie. Sa transformation est surprenante. Son séjour carcéral lui a fait perdre trente sept  kilos. Ses cheveux qui naguère tombaient sur ses épaules sont maintenant coupés court. Il a rasé la barbe fournie qui recouvrait son visage et ne porte plus les lunettes aux verres teintés uniquement destinées à dissimuler son regard d'introverti. L'entreprise qu'il a créée dés sa libération avec son compagnon de cellule, Momo, est en plein essor. Désormais il a le temps et les moyens. Sur de son incognito, il va mener son enquête et chercher à savoir pourquoi et qui avait intérêt à lui faire tant de mal. Mais les évènements ne se dérouleront pas comme il s'était plu  à l'imaginer durant son incarcération.

Extrait : Les mèches rebelles cachaient ses yeux profonds, d'un gris bleu foncé peu commun. Le corps était toujours potelé, un peu trop. Il croisa son regard...Le regard d'une belle garce ! Le regard de la fille qui lui avait offert dix années plus tôt un séjour de trois ans dans un établissement pénitentiaire. C'était pour elle et pour quelques autres affichant le même qualificatif qu'il avait voulu revoir "Vesoul"

Extrait : Gilles s'était levé, un bref regard sur le chef d'orchestre et la plainte rauque de son trombone arracha la mélancolie des notes. Il ne regardait pas sa partie, dans sa tête la mélodie, les paroles chantaient.

On ne peut pas vivre ainsi que tu le fais

D'un souvenir qui n'est plus qu'un regret

 

Extrait :

Les premières semaines furent un enfer. Il était du genre révolté, ils le calmèrent. Puis il s'accoutuma, se fit une raison. Le primate amélioré détient une faculté d’adaptation insoupçonnable. Deux cicatrices sur son visage attestaient de ses débuts prometteurs en établis-sement pénitentiaire. La plus ravissante ornait le dessus de son oculaire droit, l’autre plus timide, enjolivait sa joue du même côté, sans le défigurer, au contraire. Une prostituée, qui lui proposa ses services lors d’une per-mission, avait affirmé que son look y gagnait en virili- té. Le look, pas le reste. La tarifée n’apprécia pas ses performances, l’amour vénal n’avait jamais été son fort. Durant ces trois années il perdit du poids, pas mal de poids. Trente-sept kilos ! Sur les cent dix-sept qu'il ar-borait depuis son adolescence. Une véritable cure ! Les obsédés de l’embonpoint suivent des régimes draco-niens, Jean-Gilles suivit le régime pénitentiaire, bigre-ment plus efficace. Qui pourrait reconnaître à présent le gros nounours joufflu, chevelu et barbu, qui gravit péniblement un jour d’été l’escalier métallique menant aux apparte-ments carcéraux du "palace" bisontin. Un palais qui lui offrait l'asile de ses geôles sordides pour une durée de huit années.À présent, son mètre quatre-vingt-deux supportait gaillardement les cent soixante livres de muscles et d'os qui composaient son anatomie. Il avait changé d'identité, coupé cette perruque abondante qui tombait sur ses épaules, rasé la barbe fournie recouvrant son visage, jeté les lunettes totalement inefficaces pour la vue, mais très utiles pour dissimuler son regard timide d'introverti derrière leurs verres fumés. Son être n’était que camouflage, étudié pour échapper aux regards cri-tiques de ses contemporains. Du moins il le supposait, mais un grizzly ne passe pas inaperçu ! Un autre individu était né, qui dissimulait sa rancoeur dans un corps différent. Un individu au visage agréable mais au caractère aigri, dont le but principal dans la vie serait de trouver la réponse à sa question...pourquoi?... Pourquoi on lui avait-on fait tant de mal ! Gilles Bertrand naquit véritablement en ce début plu-vieux de l'année mil neuf cent quatre-vingt dix-huit….. Les filles ne s’évanouissaient pas lorsqu'il faisait une entrée, toujours discrète, dans les discothèques. Cer-taines prétendaient qu'avec son mètre quatre-vingt-deux, son visage anguleux et ses cheveux châtain fon-cé, il ressemblait à Gérard Lanvin, plus jeune. En moins bien évidemment ! Elles plébiscitaient une élé-gance qu'il devait aux conseils de son ami Momo. Lui, c’était Brummell, en mieux !

 

Extrait

 

Depuis quelques minutes une lourdeur dans l'estomac remplaçait le vide qui avait envahi sa poitrine, son coeur battait à un rythme anormal. Les sou-venirs se bousculaient dans sa tête. Cette rencontre était prématurée, le hasard avait mal fait les choses. Heureusement Antonino fit diversion avec son accent et sa volubilité habituelle. Il apportait une superbe "Romana" et une demi bouteille de rosé italien. - Commé tou l'aimé, broulanté . Yé débouché lé fias-quo. - La fiasque, Antonino! un fiasco c'est une panne sexuelle!

- Ouné panne sexouelle ? Yé né connait pas, yé souis italiéné.

La pizza eut du mal à passer bien qu'elle fût succu-lente. Connaissant ses habitudes, la serveuse déposa un café devant lui dès qu'il eût terminé son repas. Gilles le dégusta à petites gorgées en savourant son amertume et sa puissance. Il alluma une "Lucky Strike", exhala un long filet de fumée bleutée et repor-ta son attention sur le couple qui lui faisait face. Vi-viane cherchait dans le sac à main accroché au dos de sa chaise. Elle en sortit un paquet de cigarettes, son convive lui présenta la flamme de la bougie et avança le cendrier. Un quart d'heure plus tard, après avoir réglé l'adition, l'homme se leva pour aider sa com-pagne à qui l'on venait d'apporter son manteau. En passant devant la table de Gilles, les regards des deux hommes se croisèrent. Aucun des deux ne baissa les yeux. De près il faisait plus vieux, la lumière sans doute. Viviane maintenant fréquentait les dandys du troisième âge ! Pourquoi pas, sa tâche n'en serait que plus aisée. Sans son sourire légendaire elle accusait le poids des années, plus que les trente quatre révolues affichées au compteur. Une surcharge pondérale un peu plus importante et quelques rides au coin de ses yeux ne l'avaient pas transformée. Gilles l'aimait secrètement, quand on lui présenta Sylvie, la fille d'un ami de la famille. Un splendide petit lot pas du tout fait pour lui. La belle et la bête ! Le griz-zly et la colombe. Une colombe aux ailes bien noires. Pourquoi avait-elle accepté de l'épouser ? Aucun des deux, dans leur fort intérieur n'était d'accord pour ce mariage, mais les affaires étaient les affaires. L'alliance de la société Delaroche avec le plus important agent immobilier de la région valait bien ce sacrifice. La fille était mignonne, un cadeau inespéré pour le planti-grade timide et lourdaud qu'il était... Les souvenirs se bousculaient dans son cerveau mal-mené par le scotch, le rosé décapant, et le bourbon qu'il venait de commander. *

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Odile Talon | Réponse 09.09.2013 11.59

Je l'ai lu deux fois et l'ai rangé précieusement dans ma bibliothèque au cas où... une nouvelle lecture s'imposerait !
Bises Odile

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Commentaires

28.04 | 14:44

Salut Claude.avec l âge tu deviens économe on fait de même y en a marre d être pressé comme des citrons.

Amitiés Rabbi Jacob Michel Demange

...
13.09 | 01:10

Salut Claude, bonjour de mon île. Toujours dans le coup, mes félicitations très réussie ta page. Bon anniversaire aussi. Amitiés .

...
22.02 | 18:33

la suite

...
22.02 | 18:30

pas mal

...
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